
"Non", ce n'était pas une faute, "il était bon que je reçoive qui je pense devoir recevoir", a-t-elle répondu à une question en ce sens de la radio Deutschlandfunk, alors que Pékin a appelé Berlin à reconnaître un faux-pas.
"L'Allemagne et son gouvernement sont partisans d'une Chine unie, il n'y a aucune question là-dessus. Le dalaï lama veut (seulement) une indépendance culturelle (...) et c'est pourquoi cela ne remet aucunement en question la Chine", a souligné Mme Merkel dans cette interview devant être diffusée dimanche matin.
"Nous voulons des contacts de partenariat et d'amitié (avec la Chine) et il peut toujours arriver au sein d'une amitié qu'on ait des avis divergents", a-t-elle estimé, en répétant l'attachement de Berlin à "une bonne relation" avec Pékin.
La chancelière, qui se veut inflexible en matière de droits de l'Homme, s'est dite une nouvelle fois "convaincue qu'on peut avoir une politique qui prenne à la fois en compte les valeurs et les intérêts économiques".
Mercredi, le Premier ministre chinois Wen Jiabao avait estimé que l'Allemagne et la Chine pouvaient rester amis pour autant que Berlin reconnaisse avoir commis une erreur. "Les amis et partenaires disent et font souvent des erreurs, mais tant qu'ils les reconnaissent et les corrigent, nous resterons amis", avait-il dit.
Mme Merkel a reçu fin septembre le leader spirituel tibétain "à titre privé", malgré les avertissements de Pékin. Elle a ensuite dit privilégier une diplomatie fondée sur "les valeurs" (et récolté les critiques acerbes de chefs d'entreprises allemands qui lui reprochent d'entraver les relations commerciales bilatérales). Le président allemand Horst Köhler l'a soutenue en rappelant la "valeur universelle" des droits de l'Homme.
La crise germano-chinoise a pris la forme d'une série d'annulations de rencontres sino-allemandes. Dernier épisode en date, l'hebdomadaire allemand Der Spiegel a annoncé vendredi l'annulation de sa participation à une exposition à Shanghai, où un musée local a finalement refusé qu'il expose ses couvertures en raison "du froid" dans les relations bilatérales.
Source:
http://www.aujourdhuilachine.com/breves-article.asp?IdArticle=5068