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Dunhuang, la ville cernée par le sable "Cela va très vite, beaucoup plus vite que ce que je peux faire pour l'arrêter", dit Ma Wangzhen, une paysanne de 60 ans.

Elle désigne, au loin, une rangée d'arbres désséchés, à moitié enterrés par le sable, qu'elle avait plantés il y a des années... et les dunes menacent désormais d'engloutir ses rangs d'oignons.

Site des célèbres sculptures et peintures bouddhistes multi-séculaires des grottes de Mogao, Dunhuang, dans la province du Gansu (ouest), est confrontée à l'avancée inexorable du désert voisin: jusqu'à quatre mètres par an.

Selon les dernières données officielles disponibles, publiées en 2004, le désert couvrait en Chine environ 2,6 millions de km2, soit 50% de plus en dix ans, un défi pour le géant asiatique qui doit nourrir 1,3 milliard d'habitants.

C'est le résultat de centaines d'années de pratiques culturales et pâturages intensifs ainsi que de surexploitation des ressources en eau. Si le gouvernement chinois tente de répondre, avec notamment des plans de reforestation, le réchauffement climatique complique la donne, constate Li Yan de Greenpeace Chine.

La désertification "est déjà un grave problème pour la Chine, et, à Greenpeace, nous nous inquiétons du fait que le changement climatique pourrait l'aggraver", dit-elle.

La nappe phréatique de Dunhuang -- autrefois oasis accueillante pour les voyageurs de la Route de la Soie -- s'épuise progressivement, ses rivières et ses lacs se réduisent comme peau de chagrin.

"C'est une question compliquée qui montre que nous avons trop longtemps ignoré l'environnement", dit le maire de la ville, Sun Yulong.
"Maintenant, des changements ont lieu, c'est la manière pour Mère Nature de nous punir", ajoute-t-il.

Les tempêtes de sable, de plus en plus nombreuses, ont également accéléré la dégradation des fresques et sculptures peintes dans des sanctuaires creusés à flanc de colline, inscrites au Patrimoine mondial par l'UNESCO, une attraction touristique.

Dunhuang mène une politique aggressive, restreignant fortement toute nouvelle arrivée d'habitants, le creusement de puits ou l'installation de fermes, au détriment cependant des habitants.

Au milieu de son champ de coton, Dai Nianzuo, 64 ans, explique que les restrictions en eau ont réduit ses récoltes, faisant aussi chuter ses revenus de 3.000 yuans (400 dollars) à 1.200.

"La situation est mauvaise pour nous et le gouvernement n'a pas de réponse", dit-il.

De son côté, Ma espère pouvoir se tourner vers le secteur touristique, en accueillant chez elle les visiteurs de plus en plus nombreux. Mais le gouvernement a aussi restreint ce genre d'activités.

"J'ai besoin d'argent pour démarrer quelque chose, mais les autorités ne me soutiennent pas. C'est un gros problème", dit-elle.
 
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