dictionnaire fr-cn site
Le Club
(Presque
20 000
inscrits!!!)
Articles précédents sur le même thème
  • La Chine retire ses films des « Oscars » taiwanais (31 octobre 2007 - aujourdhui la Chine)
  • Cinéma : Prix du Coq d´or de Chine (29 octobre 2007 - cctv.com)
  • Des compositeurs chinois en guerre contre les chansons « malsaines » (26 octobre 2007 - aujourdhui la Chine)
  • Auditions ouvertes pour la version chinoise des Misérables (24 octobre 2007 - Xinhua)
  • La Chine abritera en 2010 la 29ème conférence mondiale sur l'éducation musicale (16 octobre 2007 - menara.ma)
  • Passion sans issue (14 octobre 2007 - ledevoir.com)
  • Les Etats-Unis défendent les intérêts d'Hollywood en Chine devant l'OMC (11 octobre 2007 - boursorama)
  • Tony Leung : le prix du désir (7 octobre 2007 - cyberpresse.ca)
  • Ces temps-ci, on entend souvent à la radio chinoise une chanson à la mélodie légère et entraînante et aux paroles exaltantes. "Ne pense pas à la solitude", susurre le chanteur. Un autre tube se veut encore plus réconfortant. "Ah, petit homme ! Ah, réussis vite !" conseille-t-il. "Réjouis-toi chaque jour d'être pauvre mais heureux."

    Dans le passé, les marxistes considéraient la religion comme l'opium du peuple, mais, dans la Chine d'aujourd'hui, c'est la musique diffusée par la radio d'Etat qui tend à jouer ce rôle. Depuis son arrivée au pouvoir, il y a cinq ans, le président chinois, Hu Jintao, a promis de "construire une société harmonieuse", formule ambiguë qui se prête à d'innombrables interprétations.

    Pour les musiciens, les critiques de musique et les fans, la politique gouvernementale dans le domaine du spectacle semble pourtant claire : "harmonieux" signifie d'une homogénéité insipide, la quasi-totalité des morceaux de musique contemporaine diffusés à la radio étant des chansons d'amour mielleuses et des ballades édifiantes.

    Ces dernières semaines, Pékin a également intensifié ses pressions sur les chaînes de télévision pour qu'elles retirent de leurs programmes les images de crimes et les scènes sexuelles les plus innocentes. Les producteurs d'émissions de variétés doivent suivre de nouvelles règles pour que leurs œuvres répondent au concept de dignité voulu par les autorités. Quant aux expositions et aux pièces de théâtre, elles ont toujours été soumises à l'inspection des censeurs.

    En dehors de la censure proprement dite, l'Etat chinois dispose de moyens redoutables pour contrôler la musique pop et modeler les goûts du public. Non seulement il a le monopole de tous les médias, mais il passe au crible les paroles des chansons et contrôle rigoureusement les salles de spectacles.

    Pour beaucoup de spécialistes, ces barrières contribuent à affadir la musique pop. Fu Guoyong, critique indépendant de Hangzhou, compare la culture pop d'aujourd'hui à celle imposée pendant la Révolution culturelle, quand seulement huit "opéras modèles", écrits à la gloire du socialisme, pouvaient être interprétés en Chine. "De nos jours, les artistes ont un répertoire beaucoup plus vaste, mais ils chantent tous la même rengaine, qui exhorte les gens à profiter de la vie, déplore M. Fu. La culture n'est plus qu'une enveloppe vide."

    Nulle part les règles ne sont suivies aussi rigoureusement qu'à la radio, dont les émissions sont saturées du genre de musique d'ambiance que l'on entend à l'étranger dans les ascenseurs ou les cabinets de dentiste. Le rock a connu une certaine popularité au début des années 1990, mais sa plus grande vedette, Cui Jian [surnommé "le Père du rock chinois"], n'a pas tardé à disparaître des ondes – selon ses fans, à cause du ton politique que commençaient à prendre ses chansons.

    Pour Liu Sijia, bassiste et chanteur d'un groupe underground de Shanghai baptisé Three Yellow Chickens, la musique alternative chinoise d'aujourd'hui rappelle beaucoup le rock occidental des années 1960, avec ses nombreuses références à des questions sociales comme la guerre, la pauvreté, les droits civiques et les conflits de génération – à cette différence près qu'on entend rarement du rock alternatif en Chine. "Ce qui passe à la radio chinoise, c'est pire que de la daube, dit-il. Comme la Chine recherche la stabilité et l'harmonie, la musique qu'on y entend n'est pas dangereuse pour le système. Si les gens pouvaient écouter des groupes underground, ils prendraient conscience de leurs problèmes et voudraient changer les choses."

    Les détracteurs de la politique culturelle du pays reconnaissent que, par rapport au passé, la musique pop est rarement soumise à une censure directe. Mais, en exprimant ses doutes sur la possibilité qu'une station de radio consacrée au rock voie le jour en Chine, Zhang Zhuyi, fonctionnaire de l'Administration d'Etat de la radio, du cinéma et de la télévision, a dévoilé clairement la volonté politique des autorités. "Les nouvelles stations ont besoin d'une autorisation, et les autorités de surveillance se demanderaient si la teneur des programmes est adaptée aux tendances sociales et à la politique nationale", a-t-il déclaré. Quand on lui demande de quoi il s'agit, il répond : "D'orienter l'audience et de lui fournir une sorte de nourriture spirituelle."

    Repères
    • C'est en octobre 2006 que le Comité central du Parti communiste chinois, réuni en plénum, a entériné la politique en faveur d'une "société harmonieuse" proposée par son secrétaire général (et président de la République chinoise), Hu Jintao.
    • Depuis août 2006, les autorités chinoises utilisent largement la perspective des Jeux olympiques pour organiser des festivités populaires. Pour Dongxiang-The Trend, un mensuel de Hong Kong très critique vis-à-vis de Pékin, "les détenteurs du pouvoir se servent des Jeux olympiques pour attiser la fierté nationale et libérer l'opinion publique de sa sensation d'étouffement".
     
    Plan du Site
    Le site Chine-Nouvelle.com est développé par Jazar (UK) Ltd.
    Tout droits réservés © 2005 - 2008

    page served in 0.018s