dictionnaire fr-cn site
Le Club
(Plus de
50 000
inscrits!!!)
Articles précédents sur le même thème
  • Les Etats-Unis défendent les intérêts d'Hollywood en Chine devant l'OMC (11 octobre 2007 - boursorama)
  • Tony Leung : le prix du désir (7 octobre 2007 - cyberpresse.ca)
  • Chassés-croisés nippo-taïwanais (6 octobre 2007 - courrier international)
  • LE DERNIER VOYAGE DU JUGE FENG, Un film de Liu Jie (3 octobre 2007 - dvdrama.com)
  • La Chine en accéléré (25 août 2007 - ledevoir.com)
  • Chine : pas de polémique pendant les jeux ! (18 août 2007 - allocine.fr)
  • Spielberg pourrait renoncer à collaborer avec les JO de Pékin à cause du Darfour (2 août 2007 - aujourdhui la Chine)
  • Le dernier film de Jackie Chan privé de salles en Chine (31 juillet 2007 - nouvelobs.com)
  • L'action se déroule dans le Shanghai de 1942 sous occupation japonaise. Le film est adapté d'une nouvelle d'Eileen Chang, qui possède un statut d'écrivain mythique en Chine.

    Un des grands mérites d'Ang Lee est de ne jamais demeurer cantonné à un genre, même après y avoir récolté un immense succès. L'oscarisé de Brokeback Mountain avait depuis longtemps montré l'étendue de son registre en livrant, en des coins du monde divers, des oeuvres aussi différentes que Eat Drink Man Woman, Sense and Sensibility, The Ice Storm, Crouching Tiger, Hidden Dragon. Il s'est révélé aussi à l'aise dans l'Amérique profonde que dans une Asie légendaire ou tissée de rituels quotidiens contemporains.

    Lust, Caution est une histoire d'amour qui flirte avec tous les dangers, montrant deux amants en bêtes féroces enlacées qui peuvent donner le coup de griffe fatal à chaque instant. Car entre la jeune résistante Wong Chia Chi (Tang Wei, intéressante nouvelle venue au cinéma) et le féroce collaborateur Mr. Yee (fantastique Tony Leung) qu'elle est chargée de trahir et de livrer à la mort, la passion (réelle) ne peut qu'être sans issue.

    Souvent les cinéastes asiatiques réussissent mieux leurs scènes amoureuses que leurs homologues occidentaux, éloignés du puritanisme chrétien, si réducteur. Ici, les étreintes de la résistante et du tortionnaire qu'elle traque sont belles, brutales et érotiques, vrai duel sur couette, dont l'animalité puissante crève l'écran. Les sentiments sont tus et le désir plane.

    À travers une mise en scène fluide et hautement maîtrisée, le perfectionnisme d'Ang Lee explose dans chaque détail des costumes, des décors, comme dans cette atmosphère de suspense, où le drame politique de la Chine envahie prend le visage de jeunes idéalistes que les conquérants veulent broyer.

    Question d'époque (même année: 1942) et de coups de chapeau, les références de Lust, Caution au Casablanca de Michael Curtiz sautent aux yeux. L'arrière-fond de guerre, les amours impossibles, l'espionnage, le danger, les bagnoles rondes et rutilantes, chargées dans l'imaginaire collectif d'images inquiétantes, hantent les deux films à 65 ans d'intervalle.

    On sent aussi flotter l'ombre de Wong Kar-wai avec son In the Mood for Love (plus lancinant, tout de même). L'esthétique des costumes féminins aux cols chinois montants confère un cachet de sophistication aux deux films. Le beau visage de Tang Wei, sa grâce, son élégance s'offrent des airs de la mythique Maggie Cheung. Tony Leung avait remporté le prix d'interprétation à Cannes pour son rôle dans cet extraordinaire In the Mood for Love. Sa forte présence ici ajoute un lien entre les deux films. L'acteur chinois emprunte des postures et des mimiques à Humphrey Bogart, ce qui nous ramène à Casablanca. Jamais Tony Leung n'a dégagé un tel charisme que dans Lust, Caution, où il crève l'écran.

    Le film, de facture supérieure mais classique à sa manière, ne possède pas la griffe géniale qu'Ang Lee imprime sur ses meilleures productions. Sans doute parce que Lust, Caution, qui s'égare au départ dans la superbe mécanique de sa mise en situation, entre jeu de Mahjong et réunions de conspirateurs amateurs, ne prend sa vraie puissance qu'en seconde partie. Le souffle du film est inégal, même si la transformation de l'héroïne, qui passe d'oie blanche à maîtresse avertie, mérite d'être développée. Mais la seconde partie, vraiment haletante, qui crève la surface de la joliesse d'ensemble, en des enlacements érotiques violents et incendiaires, dégage une rare tension dramatique, où tous les éléments du film noir explosent pour entraîner les héros aux confins d'eux-mêmes, en des zones d'où nul ne revient.
     
    Plan du Site
    Le site Chine-Nouvelle.com est développé par Necropedia
    Tout droits réservés © 2005 - 2012




    page served in 0.017s