
Les rives du Hai He

Temples, travaux et buildings en arrière plan au Monastère de la Profonde Compassion
Les 150 kilomètres qui séparent Pékin et Tianjin se parcourent en train aussi vite et confortablement qu'un trajet entre Paris et Lille.
Les moins pressés peuvent aussi opter pour la solution bus qui les amènera à destination en plus de deux heures au lieu d'une en train.
Tianjin est un port et lieu de commerce d'importance depuis l'ouverture du Grand Canal sous la dynastie Sui (581-618). La ville se trouve à l'extrémité nord du Canal et à l'embouchure du fleuve Hai He.
Lieu d'échanges grâce aux activités fluviales, la ville attire les étrangers depuis le début du XIXème siècle.
De cette époque, la cité conserve un mince quartier où les expatriés européens pourraient presque se croire revenus en terre natale.
Pas assez longue pour flâner toute une journée, mais très agréable à parcourir une heure ou deux, l'artère Jiefang Beilu rassemble la plupart des vieilles concessions étrangères.
Au bord du trottoir se succèdent des façades qui rappellent tantôt l'Autriche, tantôt le Royaume-Uni ou la France. Mais assez vite, en arrière-plan, la ville chinoise reprend ses droits.
Pour les expatriés frustrés qui souhaitent prolonger le retour aux racines, poursuivez la promenade jusqu'à la réplique du pont parisien Alexandre III.
Le fleuve Hai He possède d'autres charmes que ce pont. Il est bordé par des quais très larges qui invitent à la nonchalance et des péniches amarrées accueillent qui veut boire un verre.
À proximité des rives du fleuve, un quartier d'apparence beaucoup plus chinoise attend les touristes.
Ne cherchez pas, il n'a été bâti ni sous la dynastie des Ming, ni sous celle des Han.
La rue de l'Ancienne Culture (Gu Wenhua Jie) a été construite récemment sur les bases de l'architecture chinoise traditionnelle.
Aussi appelée « quartier des artistes », ses multiples échoppes et incalculables vendeurs proposent quantité de calligraphies, sceaux, pinceaux et cerfs-volants.
Attention, pour les novices, les prix sont loins d'être bon marché. Une seule chose à faire : marchander !
Amateurs de ce que la Chine recèle de plus contradictoire, rendez-vous au Monastère de la Profonde Compassion, le plus important lieu de culte bouddhique de la ville.
Des sections sont actuellement en chantier, mais les temples sont bel et bien présents, les moines et les fidèles aussi. Tout ce petit monde s'affaire en tout sens au milieu des gravas, des briques et des ouvriers, offrant un spectacle peu commun.
Si vous prévoyez de passer deux jours à Tianjin, terminez votre escapade par la visite de la Résidence de la famille Shi.
Cette riche famille marchande s'est établie en périphérie de Tianjin sous les Qing (1644-1911). Une succession de cours ainsi qu'un théâtre et 278 chambres, meublées mais indisponibles à la location, forment le complexe.
Bâtie sur les rives d'un cours d'eau, la résidence est calme et outre le bruit ambiant des foules de touristes, le détour permet de se ressourcer.