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Ces développements découlent directement de la visite du recteur Vinet en Chine au début du mois de juin. M. Vinet n’était pas seul: Alain Boutet, directeur des relations internationales, Martha Crago, vice-rectrice à l’international et à la vie étudiante, Joseph Hubert, vice-recteur à la recherche mais aussi ex-doyen de la Faculté des arts et des sciences, Anne-Marie Boisvert, doyenne de la Faculté de droit, Pierre Boyle, vice-doyen aux études supérieures et à la recherche à la Faculté de médecine, et Claude Mailhot, responsable des relations internationales à la Faculté de pharmacie, étaient du voyage.

Il faut préciser que le gouvernement chinois incite ses étudiants à poursuivre des études à l’étranger puisqu’il a mis sur pied un important programme pour les soutenir. Son China Scholarship Council prévoit en effet aider 6000 étudiants par année pendant cinq ans en payant les frais de voyage et en versant des bourses de séjour.

«Nous avons visité 9 universités chinoises, toutes classées parmi les 49 établissements du pays les mieux cotés», relate M. Boutet. Des ententes ont donc été signées avec la Shanghai Jiao University, la Peking University, la Beijing Normal University, la China University of Political Science and Law, la Shandong University, la Nankai University et la Tianjin University. La Fudan University et la Tsinghua University devraient suivre sous peu.

La présence de MM. Boyle et Hubert et de Mme Mailhot n’était évidemment pas fortuite. Leurs champs d’intérêt correspondent aux priorités du gouvernement chinois, soit la santé, l’environnement, les technologies de l’information et les sciences appliquées. Quant à la Faculté de droit, elle a déjà établi de solides liens avec certaines universités chinoises et il s’agissait pour elle de renforcer les échanges. D’ailleurs, Jiao Jie, diplômé de la Faculté et dont le rôle a été majeur dans le rapprochement entre les établissements chinois et la Faculté de droit, a coorganisé la mission du printemps.

«De nouveaux modèles de coo-pération internationale se mettent en place et nous voulons y participer. Avec la Chine, nous souhaitons réunir nos meilleurs chercheurs et les leurs.»

En outre, les conseils subventionnaires encouragent de plus en plus la formation d’équipes composées de chercheurs issus des quatre coins du globe. Les chances de trouver des solutions aux grands problèmes de l’heure sont ainsi décuplées, estime-t-on.

Les gouvernements canadien et québécois ne font pas exception: ils ont implanté, respectivement, les programmes Canada-Chine et Québec-Chine pour soutenir les universités qui veulent établir des partenariats avec l’empire du Milieu dans les domaines de la science et de la technologie. L’UdeM compte bien profiter de ces programmes.

Pourquoi Montréal?

Pourquoi les étudiants chinois choisiraient-ils le Canada? Et pourquoi l’Université de Montréal?

«Nous bénéficions d’un indéniable capital de sympathie. Les dirigeants chinois gardent notamment un souvenir vivace de Normand Bethune [ce médecin canadien se rendit en Chine en 1938 afin d’aider Mao Zedong et l’Armée rouge à combattre les Japonais, il sauva la vie de nombreux soldats et accéda à un statut de héros dans ce pays]. Ils savent aussi que le Canada a apporté une aide constante à la Chine au cours de son histoire récente. Les liens économiques et scientifiques sont réels et plusieurs entreprises canadiennes et québécoises sont installées en Chine», fait observer le directeur des relations internationales.

Pendant ses échanges avec les dirigeants chinois, le recteur Vinet n’a pas manqué de rappeler que les forces de l’Université en recherche rejoignaient les préoccupations de la Chine: santé publique, technologies de l’information, nanotechnologie, biotechnologie, etc.

Et la langue dans tout ça? Un environnement francophone peut exercer un grand attrait. Ce n’est pas pour rien que la France, par exemple, est très active actuellement sur les campus chinois afin de recruter des étudiants. En 2007, selon les chiffres de l’ambassade de France en Chine, le nombre d’étudiants chinois sur le territoire français dépasse les 20 000. Ils représentent en effet 10 % des étudiants étrangers dans l’Hexagone.

Il va de soi que l’arrivée éventuelle de jeunes chercheurs chinois, à compter de l’automne 2008, fera l’objet de consultations avec les facultés concernées. Cinq ou six étudiants chinois pour chacun des campus avec lesquels une entente a été conclue pourraient s’inscrire ici, soit une cinquantaine en deux ans.

À l’automne 2006, près de 70 étu-diants chinois étaient titulaires d’un permis de séjour pour étudiant. Jusqu’à maintenant, les étudiants chinois ont préféré les universités anglophones, notamment celles de l’ouest du pays. Par exemple, à l’Université de Regina, où M. Boutet travaillait avant d’occuper son poste à l’UdeM, 600 des 1000 étudiants étrangers du campus venaient de la Chine. Et cela n’est rien en comparaison de certains départements de l’Université de la Colombie-Britannique, où les étudiants chinois sont aujourd’hui majoritaires.

«Les étudiants de troisième cycle peuvent rédiger leur thèse en anglais. Nous croyons que nous pouvons aller chercher notre part d’excellents étudiants pour le doctorat.»

Il reste que les universités occidentales se bousculent littéralement afin de se tailler une place dans le circuit chinois. Ainsi, durant leur séjour, les délégués de l’UdeM ont croisé, la même journée, une délégation d’universitaires américains et une de la Corée du Sud! À l’heure du virage international, toutes les universités veulent se rapprocher des chercheurs chinois.

Et ceux qui s’imaginent que Beijing accorde peu d’importance à l’enseignement supérieur feraient mieux de se raviser. Alain Boutet, qui en était à son sixième voyage en Chine, a une fois de plus constaté à quel point les progrès sont rapides et les investissements dans les infrastructures des campus considérables. Il cite en exemple celui de Fudan, à Shanghai. À en verdir de jalousie.
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