La Chine en accéléré
25 août 2007 - ledevoir.com
Sunflower offre un intéressant survol des soubresauts qu'a connus la Chine rouge, entre le milieu des années 70 et le début du nouveau millénaire.
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La Chine en accéléré
25 août 2007 - ledevoir.com
Sunflower offre un intéressant survol des soubresauts qu'a connus la Chine rouge, entre le milieu des années 70 et le début du nouveau millénaire.
![]() Assez convenu au plan cinématographique, desservi par un scénario pas toujours très subtil, il n'est pas sans qualités, mais les oeuvres précédentes de Zhang Yang, Shower et Quitting, révélaient davantage de maîtrise que ce Sunflower.
L'axe des relations père-fils, si présent au cinéma depuis quelques années, est ici au centre de l'action psychologique. Le film démarre lorsque le père , un artiste peintre, revient après six années passées dans un centre de rééducation maoïste et retrouve sa femme et son garçon de neuf ans, élevé sans lui. Sunflower enjambe quatre décennies et l'action se déroule en 1976, 1987, 1999 et 2000, des années cruciales dans la vie des protagonistes. Les qualités de Sunflower reposent sur l'entrelacement des destins individuels et des grands événements du passé récent de la Chine: règne et mort de Mao, renversement de la Bande des quatre, tremblement de terre à Pékin, entrée de la Chine dans la modernité, etc. Les tribulations de la vie quotidienne: quête éperdue d'un appartement, destruction des maisons traditionnelles, nouveau capitalisme qui propulse la vie du jeune homme au coeur du XXIe siècle font trembler le cours des destins. En contrepoint, les rebellions du jeune héros Xiangyang (successivement interprété par Zhang Fan, Gao Ge et Wang Haidi, sans grandes étincelles) contre l'autoritarisme du père. Ce dernier entend le forcer à devenir le grand peintre qu'il ne put être après que les gardiens de la Révolution eurent brisé ses mains. Il brime son garçon et le force à lui obéir, de l'enfance à l'âge adulte, via le difficile passage de l'adolescence. Un certaine raideur de mise en scène nuit au climat. Et le jeu des acteurs apparaît souvent exagéré. Celui du père surtout (Sun Haiying), au profil et au verbe si tranchants que la crédibilité s'y égare. Et même si cette figure paternelle représente «une Chine à l'ancienne», et le fils, les enjeux du futur, ces symboles apparaissent ébauchés à trop gros traits. Joan Chen, dans la peau de la mère, hérite d'un registre plus étendu. Elle entraîne le film en des zones de sensibilité, qu'on voudrait le voir fréquenter plus globalement. La musique appuie les émotions à grands boums. Et un dénouement invraisemblable casse le réalisme du ton. Ce qui n'empêche pas Sunflower de constituer un révélateur d'une société en accélération, dont les étapes sont bien marquées. Mais le cinéaste n'a pas su puiser la finesse qui aurait adouci les contours de son histoire et rendu les personnages vraiment attachants. On a du mal à s'identifier à leurs détresses et à leurs joies. *** Sunflower (Xiangrikui) Réalisation: Zhang Yang. Scénario: Zhang Yang, Cai Shangjun, Huo Xin. Avec Sun Haiying, Joan Chen, Liu Zifeng, Zhang Fan, Gao Ge, Wang Haidi, Zhang Yue, Li Yeping. Image: Jong Lin. Montage: Yang Hongyu. Musique: Lin Hai. |