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On trouve des Hui dans la plupart des districts et villes du pays, particulièrement dans les régions autonomes hui du Ningxia et ouïgoure du Xinjiang, ainsi que dans les provinces du Gansu, Qinghai, Henan, Hebei, Shandong et Yunnan.

Histoire

Jeunes filles hui.
Le mot Hui est une abréviation de « Huihui », apparu pour la première fois dans la littérature de la dynastie des Song du Nord (960-1127). Ce mot fait référence aux Huihe (Ouïgours) qui ont vécu à Anxi du Xinjiang actuel et ses environs depuis la dynastie des Tang (618-907). Ces Huihui étaient en réalité les précurseurs des Ouïgours actuels qui sont totalement différents des Hui ou Huihui d'aujourd'hui.

Au début du XIIIe siècle, alors que les troupes mongoles faisaient leurs expéditions vers l’ouest, les gens de croyance musulmane d'Asie centrale, dont les Perses et les Arabes, ont été forcés de se déplacer ou ont volontairement émigré en Chine. Comme artisans, marchands, lettrés, officiels et chefs religieux, ils se sont dispersés dans beaucoup d’endroits du pays et se sont adonnés principalement à l’élevage du bétail. Ces gens, qui étaient également appelés Hui ou Huihui à cause de leurs croyances religieuses, étaient identiques aux gens d’Anxi et faisaient partie des ancêtres des Hui d'aujourd'hui.

La galette, une grande favorite.

Plus tôt, vers le milieu du VIIe siècle, les Arabes et les Perses musulmans sont venus en Chine pour faire du commerce, et certains sont devenus résidants permanents de villes comme Guangzhou, Quanzhou, Hangzhou, Yangzhou et Chang'an (actuel Xi'an). Ces gens, désignés sous le nom de fanke (invités des régions périphériques), ont construit des mosquées et des cimetières publics. Certains se sont mariés et ont eu des enfants que l’on a reconnus en tant que tusheng fanke, ce qui signifie « invités des régions périphériques nés ici ». Pendant la dynastie des Yuan (1271-1368), ces gens ont formé une partie des Huihui qui venaient en grand nombre en Chine en provenance d'Asie centrale. Les Huihui d'aujourd'hui sont donc un groupe ethnique qui tire ses origines principalement dans les deux catégories mentionnées ci-dessus. Au cours du développement, celles-ci ont intégré des gens d'un certain nombre d'autres groupes ethniques, dont les Han, les Mongols et les Ouïgours.

Il est généralement reconnu que la culture huihui a commencé principalement pendant la dynastie des Yuan. La guerre et l'agriculture étaient les deux facteurs dominants de cette période. Pendant leur invasion vers l'ouest, les Mongols ont transformé les gens d'Asie centrale en éclaireurs et les ont envoyés en missions militaires vers l'est. On s'attendait à ce que ces civils ainsi convertis en éclaireurs militaires s'installent à divers endroits et élèvent le bétail, tout en se maintenant prêts au combat. Ils ont fondé des colonies dans les provinces actuelles du Gansu, du Henan, du Shandong, du Hebei et du Yunnan et dans la région autonome hui du Ningxia. Ils ont plus tard été rejoints par d’autres éclaireurs envoyés de l'ouest. Au fil du temps, ils sont devenus fermiers et bergers. Parmi les musulmans d’Asie centrale, il y avait un certain nombre d'artisans et de marchands. La majorité de ces gens se sont installés dans les villes et le long des principales lignes de communication, se sont adonnés aux travaux manuels et au commerce. En raison de ces activités, une vie économique commune a commencé à se dessiner parmi les Huihui. Alors qu’ils avaient été dispersés, ils se sont concentrés dans des colonies et autour des mosquées qu'ils avaient construites. Ceci a été transmis de génération en génération comme la caractéristique spécifique de la distribution des Hui en Chine.

Étant des gens qui sont venus en Chine en provenance d’endroits où les systèmes sociaux, les coutumes et les habitudes étaient différents de ceux de l'Est, les Huihui ont commencé à cultiver leur propre conscience nationale. Cela a aussi été causé par des facteurs comme leur concentration relative -les mosquées étant le centre de leurs activités sociales-, leurs contacts économiques croissants les uns avec les autres, leur destin politique commun et leur croyance commune dans la religion musulmane.

C’est pendant la dynastie de Ming (1368-1644) que les Huihui ont commencé à vraiment émerger comme groupe ethnique.

Avec la restauration et le développement de l'économie sociale dans tout le pays, au début de la dynastie des Ming, la distribution et le statut économique de la population huihui ont subi un changement brusque. Le nombre des Huihui dans les provinces du Shaanxi et du Gansu a augmenté, puisque de plus en plus de Huihui d'autres parties du pays se sont soumis à la cour des Ming et se sont mis eux aussi à pratiquer l’agriculture.

D'autres facteurs ont aussi contribué à leur dispersion : les échanges industriels et commerciaux; l’affectation de troupes de garnisons huihui à divers secteurs pour défricher des terres et cultiver des céréales; les tournées dans tout le pays par les officiels et experts huihui; et, tout particulièrement, la migration des Huihui pendant les soulèvements paysans. Ils sont cependant toujours parvenus à maintenir leur tradition de concentration en créant leurs propres villages à la campagne ou en se regroupant dans des secteurs de banlieue ou le long de rues et ruelles particulières dans les villes. Le démembrement des groupes d’éclaireurs militaires datant de la dynastie des Yuan avait permis aux Huihui de se dégager graduellement de la participation militaire et de pratiquer l’agriculture, l’élevage du bétail, les travaux manuels et le commerce à petite échelle. Ainsi, ils ont établi entre eux une nouvelle vie économique commune caractérisée par l’économie agricole.

Pendant l'étape initiale de leur exode vers l'est, les Huihui utilisaient la langue des Arabes, des Perses et des Han. Cependant, au cours de leurs longues années de cohabitation avec les Han, et plus particulièrement en raison du nombre croissant de Han joignant leurs rangs, ils ont peu à peu parlé seulement la langue des Han, tout en maintenant certaines expressions des Arabes et des Perses.

L'islam

L’islam a eu une influence profonde sur le style de vie des Hui. Par exemple, peu après sa naissance, un nom huihui doit être donné à l’enfant par un ahung (imam); des ahung doivent être témoins des cérémonies du mariage; et une personne décédée doit être purifiée avec de l'eau, enveloppée dans un linceul blanc et enterrée rapidement et sans cercueil en présence d'un ahung qui préside la cérémonie. Les hommes ont l’habitude de porter des calottes blanches ou noires sans rebord, particulièrement pendant les services religieux, alors que les femmes couvrent leur tête de foulards noirs, blancs ou verts -une habitude dérivée des pratiques religieuses. Les Hui ne mangent jamais de viande de porc ni de sang d’un animal qui est mort naturellement, et ils refusent de prendre de l'alcool. Ces coutumes proviennent du Coran des musulmans. Les Hui sont très particuliers sur l'hygiène. Ainsi, avant d'assister à des services religieux, ils doivent procéder soit à « un nettoyage mineur », c’est-à-dire laver visage, bouche, nez, mains et pieds, soit à « un nettoyage majeur », lequel exige un bain complet.

La religion musulmane a également eu un grand impact sur les systèmes économique et politique de la société hui. La Jiaofang ou « communauté religieuse », telle qu’elle était autrefois pratiquée parmi les Hui, était un système religieux et économique. En vertu de ce système, une mosquée devait être construite à chaque endroit habité par une dizaine à quelques centaines de ménages hui. Un imam devait être invité à présider les affaires religieuses de la communauté, à assumer la responsabilité de tous les aspects de la vie de ses membres et à rassembler les contributions religieuses et autres impôts. Les communautés religieuses, opérant tout à fait indépendamment entre elles, sont ainsi devenues les unités sociales de base pour les Hui qui étaient alors largement dispersés.

La fin de la dynastie des Ming et le début de la dynastie des Qing (1644-1911) ont vu l’émergence d'un nouveau système d'aristocratie religieuse parmi les Hui à Hezhou (aujourd'hui Linxia du Gansu), à la suite de l’intensification de la concentration des terres qui a dépassé les frontières d'une simple communauté religieuse. Ainsi, certains imams sont devenus des gouverneurs d'une série de communautés religieuses et ont agi en aristocrates. Le système n’a cependant existé que dans certaines régions hui du Gansu, du Ningxia et du Qinghai. Les Hui de l'arrière-Chine ont toujours fonctionné sous le système religieux de la communauté.

Contribution à la civilisation chinoise

Les Hui sont des gens travailleurs. Leur développement et leurs progrès ont cependant été facilités par l’adoption de la langue et du mode de vie des Han. Depuis les dynasties des Yuan et des Ming, un grand nombre de paysans hui ont joint les Han et d'autres ethnies pour déchiffrer la terre, pratiquer l’agriculture et l’élevage sur pâturage dans l'arrière-pays et le long des régions frontalières. Les artisans hui ont toujours été reconnus pour leur habileté à fabriquer de l'encens, des médicaments et des canons et à tanner le cuir, tout comme pour l’exploitation minière et la fonte du minerai. Les commerçants hui ont joué un rôle positif dans les échanges économiques entre l'arrière-pays et les régions frontalières, de même que dans les contacts commerciaux entre la Chine et les autres pays d’Asie. Les experts et les scientifiques hui ont apporté à la Chine des contributions exceptionnelles en introduisant et en propageant les réalisations de l'Asie de l’Ouest en astronomie, dans le comput du calendrier et en médecine, de même qu’un certain nombre d'autres développements scientifiques et culturels. Tout cela a aidé à favoriser le bien-être et les activités productives du peuple chinois dans son ensemble. L'histoire de la Chine a vu nombre de Hui exceptionnels représenter leurs pairs dans les domaines de la politique, de l'économie et de la culture.

Pendant la dynastie des Yuan, l'astronome Jamaluddin a compilé un calendrier perpétuel et a produit, entre autres, la sphère armillaire, le globe céleste, le globe terrestre et le planétarium; Alaowadin et Yisimayin ont piloté la mécanisation du lancement de boulets en pierre à partir des canons, ce qui a été d’un secours important pour les affaires militaires en général; l'architecte Yehdardin a appris l'architecture des Han et a conçu et dirigé la construction de la capitale de la dynastie des Yuan, ce qui a jeté les bases du développement de la ville de Beijing.

Pendant la dynastie des Ming, le navigateur hui Zheng He a dirigé des flottes imposantes et est parvenu à effectuer, en 29 ans, sept visites dans plus de trente pays asiatiques et africains. Cet exploit inégalé a servi à promouvoir l'amitié tout comme les échanges économiques et culturels entre la Chine et ces pays. Le lettré hui Li Zhi (1527-1602) de Quanzhou, province du Fujian, a été un penseur progressiste bien connu dans l'histoire chinoise des idées.

Un certain nombre de politiciens exceptionnels ont également émergé parmi les Hui. Sayyid Ajall Sham Suddin (1211-1279) a été l'un d'entre eux. Pendant ses dernières années, alors qu’il servait comme gouverneur de la province du Yunnan, il a mis l’accent sur l’agriculture, en établissant des secteurs spéciaux pour que les paysans défrichent la terre et cultivent des céréales.

Depuis les dynasties des Yuan et des Ming, la communauté hui a produit bon nombre de poètes, lettrés, peintres et dramaturges avérés. Parmi eux, on trouve Sadul, Gao Kegong, Ding Henian, Ma Jin, Ding Peng et Gai Qi.

La vie actuelle

Après 1949, le gouvernement chinois a appliqué une politique d'autonomie ethnique régionale dans les secteurs peuplés de Hui. Étant donné que les Hui diffèrent d'un endroit à l'autre, une telle autonomie a pris des formes diverses. En même temps que la région autonome hui du Ningxia, les départements autonomes hui de Linxia et de Changji de la province du Gansu et la région autonome ouïgoure du Xinjiang ont vu le jour. En outre, six districts autonomes hui ont été établis.

Les fonctionnaires hui occupent un pourcentage convenable dans les organes de l’administration autonome à tous les échelons.

Les Hui qui vivent dispersés à travers le pays ont un droit égal de profiter de l'égalité ethnique et de diriger leurs propres affaires. Leur identité comme membres d'un groupe ethnique établi est respectée. Le statut politique des Hui a été considérablement rehaussé. Par exemple, bon nombre de représentants sont choisis parmi les Hui pour participer à l’assemblée populaire nationale. Les assemblées populaires aux échelons inférieurs ont également une représentation hui. Des fonctionnaires hui travaillent dans des services gouvernementaux aux différents échelons.

La majorité des Hui croient à l'islam. Leur liberté religieuse et leurs us et coutumes sont respectés et garantis. Depuis 1979, les politiques sur les ethnies minoritaires et la religion ont continué d’être appliquées dans la région autonome hui du Ningxia et ailleurs dans le pays après les perturbations provoquées par la révolution culturelle (1966-76). Un institut pour l'étude des textes sacrés musulmans a été fondé en 1982. Il admet chaque année des étudiants choisis parmi les ahung. Une société de recherches sur l’islam a également été fondée pour conduire des activités universitaires et de recherche sur la religion musulmane. Ces dernières années, beaucoup de jeunes Hui ont fait des efforts pour apprendre les classiques musulmans en arabe.

La région autonome hui du Ningxia a établi un certain nombre d'industries modernes, couvrant des domaines aussi variés que le charbon, l'électricité, la machinerie, la métallurgie, les produits chimiques, l'industrie légère, le pétrole et l'électronique. Des progrès considérables ont été accomplis par les Hui dans l’aménagement de champs cultivés, la construction d’ouvrages pour économiser l'eau et la mécanisation de l’agriculture. Ils ont également déployé des efforts pour combattre la sécheresse, les inondations, la salinisation des sols et l'érosion, de même que l'empiétement des champs par le sable et les calamités naturelles.

Depuis la fondation de la République populaire en 1949, l'éducation élémentaire a, dans l'ensemble, été rendue universelle parmi les Hui. Dans les secteurs peuplés de Hui, ces derniers ont établi leurs propres écoles primaires et secondaires. La première université a été fondée dans la région autonome en 1958. Aujourd'hui, du personnel spécialisé hui et d'autres groupes ethniques sont formés à l'université du Ningxia, au Collège médical du Ningxia et à l'Institut d'agronomie du Ningxia.

Des activités de masse sur le plan de la culture et des sports ont été diffusées parmi les Hui, le tout ayant pour résultat l'apparition d’artistes et de sportifs exceptionnels. Les talents des artisans hui, habiles dans la production de produits spéciaux traditionnels tels que l'ivoire sculpté, le cloisonné, la broderie de Suzhou, les briques sculptées et les tapis sont de plus en plus mis en valeur.

http://www.chinatoday.com.cn/lachine/2005/5fn7/pp66.htm
 
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