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Les Bonan
Ethnie chinoise
La nationalité bonan est l'une de celles qui comptent le moins de personnes, soit quelque 11 700. Son langage appartient à la branche mongole et est proche de celui des Tu et des Dongxiang.
Les nombreux contacts des Bonan avec les Han et les Hui ont résulté en de nombreux emprunts au chinois commun. Les Bonan utilisent les caractères chinois dans leur écriture. Si l'on en juge par les caractéristiques de leur langage et de leurs coutumes dont beaucoup sont identiques à celles des Mongols, la nationalité bonan semble avoir pris forme après plusieurs années d'échanges, durant les dynasties des Yuan et des Ming (1271-1644), entre les Mongols islamistes qui s'étaient établis en garnison dans le district de Tongren de la province du Qinghai, les Hui, les Han, les Tibétains et les Tu. Les Bonan vivaient pour la plupart dans trois villages importants de la région de Baoan situés le long des rives de la rivière Longwu, district de Tongren. Durant les premières années du règne de Tongzhi des Qing (1862-1874), ils ont fui l'oppression des seigneurs féodaux du monastère Longwu. Après être demeurés quelques années à Xunhua, ils se sont déplacés dans la province du Gansu et se sont établis finalement aux pieds du mont Jishi, district de Linxia. Ils se sont de nouveau regroupés en trois villages -Dadun, Ganmei et Gaoli- auxquels les Bonan donnent le nom de " trois villages tripartites de Baoan ", en souvenir de leurs racines. Les Bonan se concentrent surtout à Dahejia, dans la partie ouest du district de Linxia, à l'est du mont Jishi et au sud du fleuve Jaune. La région est très boisée et bénéficie d'un climat tempéré; l'eau et le gazon y sont abondants, ce qui en fait un endroit propice pour l'élevage et la culture. Les Bonan sont surtout musulmans mais se divisent en deux différentes sectes : l'ancienne et la nouvelle. Au cours de l'histoire, les chefs religieux ont exercé un contrôle répressif sur les Bonan et ont parfois extorqué jusqu'à 30 % du revenu des paysans. Dans ce contexte d'exploitation brutale, la production agricole est longtemps restée arriérée. Le rendement céréalier n'a jamais dépassé 750 kg l'hectare. Pour subvenir à leurs besoins, les paysans devaient mendier, faire du charbon, vendre des herbes médicinales ou conduire des radeaux sur le fleuve Jaune pendant la basse saison. Une occupation qui a fait la réputation des Bonan est la fabrication des couteaux. Ceux-ci sont réputés dans toute la Chine pour leur robustesse et leur beauté. En 1951, le district autonome Jishishan, Bonan, Dongxiang et Salar fut établi dans la province du Gansu, ce qui a permis aux Bonan de s'émanciper. En 1958, ils ont réussi à abolir les privilèges féodaux du clergé islamique et le système d'oppression. Depuis des générations, les Bonan rêvaient de construire des canaux pour irriguer leurs terres et ils ont concrétisé ce rêve sur les versants de montagne et les terres de la région de Dahejia. Ces dernières années, les Bonan ont pris des mesures pour développer leurs habiletés traditionnelles : fabrication de couteaux, réparation d'instruments aratoires, et ils ont fondé bon nombre de petites entreprises de traitement de produits agricoles. Il faut mentionner plus particulièrement l'émancipation qu'ont connue les femmes bonan. Elles ont acquis le droit de prendre part à la politique, aux activités sociales, culturelles et récréatives sur un pied d'égalité avec les hommes. La culture des Bonan est profondément influencée par l'islam qui dicte les formes du mariage, des funérailles et des autres cérémonies, tout comme la vie familiale et les coutumes. Ces dernières ressemblent à celles des Dongxiang et des Salar, tout comme leur parure. Les Bonan ont également conservé certaines coutumes typiques des tribus nomades et identiques à celles des Mongols. Par exemple, les Bonan adorent la lutte, l'équitation et le tir. Les Bonan aiment chanter et danser. Ils excellent à jouer des instruments à cordes et à vent et, comme les Dongxiang et les Salar, leurs ballades sont appelées Hua'er. Les chants impromptus durant les fêtes sont une forme typique de divertissements. http://www.chinatoday.com.cn/lachine/f2k1/f11/minzu.htm |