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Evolution du caractère chinois

En visitant des monuments historiques et des sites pittoresques en Chine, ce qui intrigue les touristes étrangers, ce sont des écritures fantastiques, tracées soit sur des panneaux parallèles suspendus au pavillon, soit sur la plaque surmontant l'entrée du monastère, soit sur la stèle de pierre. Qu'est-ce que c'est ? se demande-t-on. Enseignes ? Slogans politiques ? Affiches ? Non. C'est un art aussi calligraphique qu'ornemental, dont l'origine et l'évolution ne sont pas connus de tous.

Caractère sur carapace de tortue

Vieille de 3 000 ans, l'écriture chinoise remonte au plus haut à la dynastie des Yin (16ème siècle-11ème siècle av.J.C.), époque sous laquelle les Chinois ont gravé leurs caractères, la pictographie, sur os d'animal et carapace de tortue. Ces pictogrammes ont été réformés sous l'empereur Xuan de la dynastie des Zhou pour devenir l'idéographie - une écriture uniformisée - connue alors sous l'appellation de Dazhuan (grand sigillaire). Cinq cents ans après, sur ordre du premier empereur des Qin, le chancelier Li Si a procédé à une nouvelle réforme, en créant Xiaozhuan (petit sigillaire). Celui-ci, qui s'écrivait difficilement, a été simplifié plus tard pour devenir le Lishu, l'écriture passant ainsi de la forme ronde à la forme carrée. Comme le Lishu était trop rigide, elle est revenue après à l'arrondi, qui permettait de créer le Kaishu (écriture régulière), le Xingshu (écriture courante) et le Caoshu (écriture cursive). Depuis lors, ces formes d'écriture sont utilisées à niveau égal et leur fusion merveilleuse a atteint son paroxysme sous les Jin (265-420) et les Tang (618-907).

Lantingxu de Wang Xizhi
Zhongqiutie de Wang Xianzhi

La dynastie des Jin était l'âge d'or de l'art calligraphique. Tenaient alors le devant de la scène les Wang père et fils, Wang Xizhi et Wang Xianzhi. Le premier a assimilé les qualités de ses précurseurs, notamment Li Si (Qin) et Cai Yong (Han) pour créer un style personnel. Le petit Wang, au même titre que son père, était sans égal de son temps. Son écriture est caractérisée par l'élégance et le charme. L'école Wang a exercé une grande influence sur les générations postérieures, qui prirent son style pour modèle.

Calligraphiede Yan Zhenqing

La dynastie des Tang n'a rien à envier aux Jin. A ses débuts, elle comptait quatre écoles fameuses : Yu Shinan, Ou Yangxun, Chu Suiliang et Xue Ji. Dans leur foulée suivirent Yan Zhenqing et Liu Gongquan, deux grands calligraphes du milieu des Tang. Le premier a innové l'école Wang pour former un style qui lui était propre, tandis que le dernier a créé une nouvelle école en fusionnant les styles Ou et Yan.

Ces grands maîtres doivent leur renommée à l'assiduité et à la ténacité. Les contes foisonnent à ce sujet. Il dit que le calligraphe Zhang Zhiqin (Han postérieur) a noirci un étang limpide pour y avoir nettoyé fréquemment sa pierre à encre, que Zhi Yong, maître des Sui, a usé en 30 ans 5 grands paniers de pinceaux, que Yu Shinan (Tang) s'exerçait du doigt sur la couverture quand il était couché, de sorte que celle-ci s'est usée à force d'être frottée, et que Huai Su, n'ayant pas les moyens pour acheter le papier, a calligraphié sur des feuilles de bananier.

Calligraphie de Liu Gongyuan

Après la naissance de la Chine nouvelle, l'art calligraphique s'est épanoui de plus belle, grâce à l'attention du gouvernement. De nombreux feu dirigeants de l'Etat, tels que Mao Zedong, Zhou Enlai, Zhu De, Dong Biwu et Chen Yi, écrivaient d'une belle écriture.

L'écrivain Lu Xun et l'historien Guo Moruo se classaient aussi au premier rang des calligraphes contemporains. L'originalité calligraphique du paléographe lui valut « style Guo ». Son écriture force l'admiration tant des professionnels que des amateurs. Guo prit modèle sur les styles de Wei Zhongyao et de Wang Xishi pendant son jeune âge. Mais il n'en resta pas là : il fit siennes les qualités des diverses écoles pour créer un style original, dans lequel sont mélangées admirablement la vigueur et le naturel, la sobriété et l'élégance. La structure de son écriture n'est pas que digne d'intérêt. Suggestive, elle évoque diverses images. De nombreux monuments à Beijing portent des inscriptions calligraphiées de sa propre main. L'enseigne du Musée du Palais impérial est de sa plume.

Calligraphie de Guo Moruo

Des expositions et concours calligraphiques ont lieu fréquemment aujourd'hui à l'échelle nationale. Les jeunes vainqueurs sont tous pleins de promesses.

Luo Qifan
http://french.peopledaily.com.cn/luo/calligraphie.htm)

Pour en savoir plus

 
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