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Dossier de presse du Grand Ricci
Chine Nouvelle
La Chine a toujours joué un rôle important au coeur de la mission de la Compagnie de Jésus et depuis St François-Xavier et Matteo Ricci, il ne s'est pas passé de siècle où cet attachement spécifique n'ait pris une forme particulière, parfois au prix de risques considérables, matériels et spirituels.
Un pont vers la Chine
Un projet en apparence démesuré
Mais la préfiguration du Ricci fut, pendant la guerre sino-japonaise, la conception par un Jésuite hongrois, Eugene Zsamar, d'un projet en apparence démesuré la mise en oeuvre d'une base de données lexicographiques à caractère encyclopédique entre le chinois et cinq langues, le français, l'anglais, le hongrois, le latin et l'espagnol. Cinq équipes, transférées à partir de 1952 à Taichung, dans le centre de l'île de Taiwan, ont donc travaillé systématiquement. Une vingtaine de jésuites tout d'abord, rassemblés autour de grandes tables tournantes équipées de pupitres à huit faces et deux étages montés sur des roulements à billes, pupitres sur lesquels étaient montés les ouvrages de référence, ont rassemblé près de deux millions de coupures de dictionnaires collées sur fiches cartonnées et classées selon la romanisation "Wade-Giles". Le Père Yves Raguin
En février 1956, un article du Père Yves Raguin, devenu dans l'intervalle directeur des travaux, et qui allait marquer de sa personnalité forte, chaleureuse et originale l'ère purement taiwanaise du "Ricci" décrivait dans la revue Etudes l'état du chantier, mais ne cachait pas la difficulté de prévoir une date précise quant à la conclusion de l'ouvrage. Devant l'ampleur grandissante du projet naquit dans les années soixante l'idée d'un "lancement à trois étages" tout d'abord un "petit" dictionnaire de 5 000 à 6 000 caractères et environ 50 000 expressions fut publié en 1976. Puis, un "dictionnaire intermédiaire", le Dictionnaire des Caractères Chinois, fut publié fin 1999, un an après le décès d'Yves Raguin, et enfin le Grand Dictionnaire, que nous voyons aujourd'hui. Dans l'esprit d'Yves Raguin, le ralentissement du projet permettrait de satisfaire le souci de perfection, manifesté par l'introduction dans le projet de l'informatique et la classification des "Branches du Savoir" grâce à Yves Camus, s.j. et par le travail sur l'étymologie, dû au Père Lefeuvre, et de bénéficier pleinement de l'apport des spécialistes sinologues associés au travail, en particulier à Paris, à l'Institut Ricci de Paris, que le Père Claude Larre, tout récemment disparu, avait créé en 1971. Un projet fédérateur de la sinologie française
Cet apport, grâce à l'Institut Ricci de Paris, explique plus que tout autre raison, le fait que le projet de Grand Dictionnaire n'ait finalement abouti que pour sa partie francophone. Le Dictionnaire est devenu progressivement un projet fédérateur de la sinologie française. Le pont est aujourd'hui achevé. Il nous conduit sur l'autre rive mais l'autre rive, ce n'est pas nécessairement le mot de l'autre langue qui va transcrire le mot chinois, ce n'est pas l'expression qui nous donnera l'équivalent français du chinois. Ce dictionnaire ne tend pas à "instrumentaliser" la communication, mais bien à nous transporter dans l'esprit de la langue chinoise en en serrant la "lettre". On reste dans l'abstraction tant que l'on sépare une culture de la vie d'une langue. source : http://www.jesuites.com |