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La véritable histoire de l'origine de 白马非马 (bai ma fei ma).

L'ancien royaume de Jun était gouverné par Zheng Lumu, roi bon mais bien malade. Le médecin de cour, le vieux Lao Song s'avérait incapable de guérir son souverain, sa turpitude creusait ses rides tous les jours un peu plus. Un beau matin la cité royale résonna d'une rumeur d'excitation, un curieux personnage accompagné d'un mulet tirait une carriole chargée d'une grosse malle. L'homme s'annonçant médecin, avait le teint mat, l'air las d'un long périple mais dégageait un tel parfum de noblesse et d'exotisme qu'un long cortège populaire l'escorta jusqu'au palais. Il demanda une audience royale qui lui fût aussitôt accordée.

Devant le roi alité mais intrigué, l'homme raconta son histoire, tout en dénouant les lanières de cuir qui ligotaient la malle. Non loin, caché derrière une tenture, Lao Song tentait tant bien que mal de grappiller ce que ses oreilles de 80 printemps lui permettaient d'entendre de la bouche de l'étranger. Soudain le roi poussa un cri de stupeur. L'homme venait de lui présenter une fiole contenant un liquide jaunâtre dans lequel baignait un animal extraordinaire. Le roi souffla dans un murmure, "mais c'est un cheval miniature au corps de serpent". "Buvez messire, cela vous guérira" ordonna le docteur. "C'est par ce cheval que vous me prétendez guérir" s'exclama le roi. "Un hippocampe n'est pas un cheval ! (1)". Le roi manqua alors de s'étouffer et suffocant d'effroi tonna : "Un hippocampe n'est pas un cheval ???".
"Un cheval blanc n'est pas un cheval (2)" marmonna à son tour le vieux Lao Song à l'ouïe peu fiable, "un cheval blanc n'est pas un cheval..."

Le ton à la fois autoritaire et rassurant de l'étranger rendit le roi malade aussi docile qu'un jeune écolier. Il s'avança, pris la potion, et l'ingurgita d'un trait. Aussitôt, les douleurs qui le démangeaient depuis des années disparurent comme par enchantement, la fièvre tomba et les sueurs cessèrent. Le roi était guéri.

Le peuple en délire fit un triomphe à son roi ainsi qu'à son nouveau médecin.
Quant au vieux Lao Song, il avait déjà fui le palais puis le royaume, n'emportant avec lui que son humiliation. Il finit sa vie au service d'un roi pédant, qui ne remarqua même pas l'état de sénilité avancée du vieillard. Ce dernier ne mangeait plus et passait le plus clair de ses journées à ânonner cette sempiternelle et énigmatique formule: "un cheval blanc n'est pas un cheval"... Ses disciples l'élevèrent au rang de sage parmi les sages et de sa rengaine firent une doctrine.

(1)海马非马 (hai ma fei ma).
(2)白马非马 (bai ma fei ma), les sons «hai»et «bai» sont très proches en chinois.



Modifié 5 fois. Dernière modification le 02/04/07 12:30 par Olive.
Envoyé par Olive le 02/04/07 11:57 2 Commentaire(s)

Et si l'on abandonnait les caractères chinois pour le pinyin?

Délaisser les caractères chinois au profit du seul pinyin simplifierait-il vraiment la vie? Voici ce que deviendrait l'histoire du poête Shi ayant fait vœu de manger 10 lions.

Texte original


施氏食狮史

石室诗士施氏,嗜狮,誓食十狮。施氏时时适市视狮。十时,适十狮适市。是时,适施氏适市。氏视是十狮,恃矢势,使是十狮逝世。氏拾是十狮尸,适石室。石室湿,氏使侍拭石室。石室拭,氏始试食是十狮尸。食时,始识是十狮尸,实十石狮尸。试释是事。

试释是事!

Version pinyin


shī shì shí shī shǐ

shí shì shī shì shī shì shì shī shì shí shí shī shī shì shí shí shì shì shì shī shí shí shì shí shī shì shì shì shí shì shī shì shì shì shì shì shì shí shī shì shǐ shì shǐ shì shí shī shì shì shì shí shì shí shī shī shì shí shì shí shì shī shì shǐ shì shì shí shì shí shì shì shì shǐ shì shí shì shí shī shī shí shí shǐ shí shì shí shī shī shí shí shí shī shī shì shì shì shì

shì shì shì shì

Traduction française


L'histoire du poête Shi qui mangea dix lions

Dans sa maison de pierre, le poête Shi qui aimait le lion, jura qu'il en pouvait manger dix. Il se rendit ainsi régulièrement en ville à la recherche de lions. Un jour à 10 heures, 10 lions arrivèrent au marché. Par chance Shi s'y trouvait également. Après les avoir observés, de ses flèches il les tua tous les 10, puis ramena les corps à la maison de pierre. Il trouva les murs humides et chargea le domestique de les essuyer. Les murs secs, Shi se mit à goûter les 10 lions. Alors qu'il mangeait, il se rendit compte que ces 10 lions était en fait 10 lions de pierre. Essayez-donc d'expliquer cela!

Texte écrit dans les années 30 par Zhao Yuanren 赵元任 (1892-1982), linguiste chinois.
Envoyé par Olive le 04/04/07 05:22 4 Commentaire(s)

Gardes rouges de Chengdu

Tiré du livre « L'encyclopédie du savoir relatif et absolu » de Bernard Werber.

Jusqu'en 1967, Chengdu, capitale de la province chinoise du Sichuan, était une ville tranquille. Perchée à 2500 mètres d'altitude dans la chaîne himalayenne, cette cité ancienne fortifiée comprenait 3 millions d'habitants qui n'étaient pour la plupart guère informés de ce qui se passait à Pékin ou à Shanghai. Or à l'époque ces métropoles commençaient à être surpeuplées et Mao Tsé-toung avait décidé de les vider. On sépara les familles, envoyant les parents travailler dans les champs et les enfants faire leur éducation communiste dans les centres de formation des Gardes rouges. Ces centres étaient de véritables camps de travail. Les enfants étaient mal nourris. On expérimentait sur eux des aliments cellulosiques à base de sciure de bois et ils mouraient comme des mouches.

Cependant, Pékin éait agité par des disputes de palais; Lin Piao, daufphin officiel de Mao et responsable des Gardes rouges, tomba en disgrâce. Les cadres du parti incitèrent les enfants Gardres rouges à se révolter contre leurs gardiens. Subtilité toute chinoise : c'était au nom du maoïsme que les enfants avaient dorénavant le devoir de s'évader des camps maoïstes et de rouer de coups leurs instructeurs.

Libérés, les enfants Gardes rouges se répandirent à travers le pays sous le prétexte de prêcher la bonne parole maoïste contre l'État corrompu. En fait, la plupart cherchaient surtout à s'évader de Chine. Ils prirent d'assaut les gares et partirent vers l'ouest où des rumeurs assuraient qu'il existait une filière permettant de traverser clandestinement la frontière et de passer en territoire indien. Or, tous les trains se dirigeant vers l'ouest avait pour terminus Chengdu. C'est donc dans cette ville montagneuse que se déversèreent des millieurs de jeunes âgés de treize à quinze ans.

Au début cela ne se passa pas trop mal. Les enfants racontèrent comment ils avaient souffert dans les camps de Garde rouges et la population de Chengdu les prit en pitié. On leur offrit des friandises, on les nourrit, on leur donna des tentes où dormir, des couvertures pour se réchauffer. Mais la marée humaine continuait à se répondre dasn la gare de Chengdu. De mille qu'ils étaient d'abord il y eut bientôt deux cent mille jeunes fugitifs.

La bonne volonté des citoyens du lieu ne suffit plus à les satisfaire. Le chapardage se généralisa. Les commerçant qui refusaient d'être volés se faisaient tabasser. Ils se plaignirent au maire de la ville, lequel n'eut pas le temps de réagir car les enfants vinrent le quérir pour l'obliger à se livrer à une autrocritique publique. A la suite de quoi, il fut rossé et contraint de déguerpir. Les enfants organisèrent alors l'élection d'un nouveau maire et présentèrent "leur" candidat, un gamin joufflu de treize ans, paraissant un peu plus que son âge, qui disposait d'un charisme certain pour que les autres Gardes rouges le respectent. La ville se couvrit d'affiches incitant les électeurs à voter pour lui. Comme il n'était pas bon orateur, des dazibaos firent connaître ses projets. Il fut élu sans difficulté et institua un gouvernement d'enfants dont le doyen était un conseiller municipal de quinze ans. Le chapardage n'était plus une délit. Tous les commerçants furent astreints à un impôt de l'invention du nouveau maire. Chaque habitant se devait d'offir un logement aux Grades rouges.

Comme la ville était très isolée, nul ne fut informé des événements survenus. Les notables du lieu s'en inquiétèrent et envoyérent une délégation avertir le préfet de la région. Ce dernier pris l'affaire très au sérieux et demanda à Pékin de faire donner l'armée pour réduire les insurgés. Contre deux cent mille enfants, la capitale envoya des centaines de chars et des milliers de soldats surarmés. Leur consigne: « Tuer tous les moins de quinze ans. » Les gamins tentèrent de résister dans cette cité fortifiée de cinq murailles d'enceinte, mais la population de Chengdu ne les soutint pas. Elle était surtout soucieuse de protéger ses propres jeunes en leur cherchant des refuges dans la montagne. Deux jours durant, ce fut la guerre des adultes contre les enfants. L'Armée rouge dut recourir au final a des bombardements aérien pour réduire les dernières poches de résistance. Tous les gamins furent tués. L'affaire ne sera pas ébruitée car, peu de temps après, le président américain Richard Nixon rencontrait Mao Tsé-toung et l'heure n'était plus à la critique de la Chine.
Envoyé par Olive le 12/11/07 11:33 0 Commentaire(s)

Combien de gens parlent réellement le mandarin?

Lorsque l'on mentionne le mandarin ou le chinois dans l'actualité ou dans la presse en général, ce qui semble de plus en plus fréquent, les chiffres donnés du nombre de locuteurs dépassent souvent le milliard d'individus. La spéculation que la majorité des Chinois parle le mandarin étant courante à l'extérieur comme à l'intérieur de la Chine.

Selon une étude menée par l'agence de presse Xinhua, "seulement" la moitié de la population chinoise, soit 690 millions d'individus parlent en fait le mandarin. Le taux, plus élevé dans les villes que dans les campagnes, s'élève à trois quart chez les moins de 30 ans et chute à un tiers chez les plus de 60 ans.

D'autres variétés du chinois (dialectes régionaux et autres variantes sinitiques) sont parlées par 86% de la population ce qui suggère qu'une grosse partie de la population est bilingue dans son dialecte et en mandarin. Les langues non-chinoises sont parlées par 5% de la population appartenant aux minorités ethniques officiellement reconnues.

Les autres régions où se concentrent des locuteurs mandarin sont Taïwan, où 20 millions d'habitants parlent le mandarin soit la majorité de la population de l'île, et Singapoure où 1,5 millions le parlent, encouragés par le gouvernement. On compte un autre million de locuteurs éparpillés en Malaysie, Indonésie, Brunei, Thaïlande, Mongolie et environ 175 000 aux Etats-Unis.

Ce qui donne un total de 712 675 000 locuteurs mandarin. Énorme, mais loin du milliard.

(Inspiré de l'article suivant : lien)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10/07/07 11:45 par Nicole.
Envoyé par Olive le 14/04/07 05:31 0 Commentaire(s)
 
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